S.12:106 — VERSET PIVOTوَمَا يُؤْمِنُ أَكْثَرُهُم بِاللَّهِ إِلَّا وَهُم مُّشْرِكُونَwa-mā yuʾminu aktharuhum bi-llāhi illā wa-hum mushrikūnLa plupart d'entre eux ne croient en Allaah qu'en étant mushrikūn.
S.12:103 — trois versets avantوَمَا أَكْثَرُ النَّاسِ وَلَوْ حَرَصْتَ بِمُؤْمِنِينَwa-mā aktharu n-nāsi wa-law ḥaraṣta bi-muʾminīnLa plupart des gens ne sont pas croyants — même si tu en as ardemment le désir.
S.6:116 — VERSET PIVOTوَإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الْأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللَّهِ ۚ إِن يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلَّا يَخْرُصُونَwa-in tuṭiʿ akthara man fī l-arḍi yuḍillūka ʿan sabīli llāhi — in yattabiʿūna illā ẓ-ẓanna wa-in hum illā yakhruṣūnSi tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur terre, ils t'égarent du chemin d'Allaah.Ils ne suivent que la conjecture (aẓ-ẓann) et ne font que supposer (yakhruṣūn).
S.6:117إِنَّ رَبَّكَ هُوَ أَعْلَمُ مَن يَضِلُّ عَن سَبِيلِهِ ۖ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالْمُهْتَدِينَinna rabbaka huwa aʿlamu man yaḍillu ʿan sabīlihi — wa-huwa aʿlamu bi-l-muhtadīnTon Seigneur sait mieux qui s'égare de Son chemin — et Il sait mieux qui sont les bien-guidés.
S.53:28وَمَا لَهُم بِهِ مِنْ عِلْمٍ ۖ إِن يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ ۖ وَإِنَّ الظَّنَّ لَا يُغْنِي مِنَ الْحَقِّ شَيْئًاwa-mā lahum bihi min ʿilmin — in yattabiʿūna illā ẓ-ẓanna — wa-inna ẓ-ẓanna lā yughnī mina l-ḥaqqi shayʾāIls n'en ont aucune connaissance (ʿilm). Ils ne suivent que la conjecture (ẓann).Et la conjecture ne remplace en rien la vérité.
S.6:116 · S.43:23 · S.11:116 — lus ensembleوَإِن تُطِعْ أَكْثَرَ مَن فِي الْأَرْضِ يُضِلُّوكَ عَن سَبِيلِ اللَّهِObservation:Loi constante du texte : les nabis ont toujours été envoyés contre une majorité qui rejetait et qui invoquait la tradition.La minorité qui suivait était dans chaque cas infime.
S.2:170وَإِذَا قِيلَ لَهُمُ اتَّبِعُوا مَا أَنزَلَ اللَّهُ قَالُوا بَلْ نَتَّبِعُ مَا أَلْفَيْنَا عَلَيْهِ آبَاءَنَا ۗ أَوَلَوْ كَانَ آبَاؤُهُمْ لَا يَعْقِلُونَ شَيْئًا وَلَا يَهْتَدُونَwa-idhā qīla lahumu ttabiʿū mā anzala llāhu qālū bal nattabiʿu mā alfaynā ʿalayhi ābāʾanā — a-wa-law kāna ābāʾuhum lā yaʿqilūna shayʾan wa-lā yahtadūnQuand on leur dit "suivez ce qu'Allaah a révélé", ils répondent :"Non — nous suivons ce sur quoi nous avons trouvé nos pères."Et si leurs pères ne raisonnaient en rien et n'étaient pas guidés ?
SYNTHÈSELe Coran construit une épistémologie cohérente et radicale sur la question du nombre :La majorité n'est pas un critère de vérité. Elle ne l'a jamais été dans l'histoire des nabis (S.43:23 · S.11:116). Elle ne l'est pas pour les contemporains du texte (S.6:116 · S.12:103). Elle ne l'est pas même parmi ceux qui se réclament de la croyance en Allaah (S.12:106).La structure que le texte construit est emboîtée :La majorité des êtres humains ne croit pas — parmi ceux qui croient, la majorité est en état de shirk — parmi les serviteurs d'Allaah, peu sont reconnaissants — et dans chaque génération, ceux qui s'opposent au désordre dominant sont une infime minorité. Cette structure n'est pas présentée comme une anomalie à corriger — elle est présentée comme une constante que le lecteur doit comprendre pour ne pas en être dupe.La mise en garde de S.6:116 est la plus directe :Si tu suis la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égarent. La raison donnée par S.10:36 est épistémique : ils suivent la conjecture (ẓann) — et la conjecture ne vaut rien face à la vérité (ḥaqq). Le critère de vérité dans le texte est le texte lui-même (mā anzala Allaah) — non le consensus de la majorité, non la tradition accumulée, non le poids du nombre.